Théâtre
Bas les cartes
Et si le marché de l’art n’était qu’un jeu de cartes ?
Gaël, une jeune recrue, découvre le monde singulier des galeries d’art contemporain. Entre les murs blancs de la galerie défilent les œuvres et les clients, sans jamais que l’on y voie les artistes. Seules les œuvres d’art se réveillent la nuit pour lui chanter des mises en garde. Du marché de l’art à l’art de marché, la création artistique est aspirée dans une logique spéculative, véritable jeu de cartes qui lit les destins de tout un chacun.
Cette pièce – qui questionne le fonctionnement du marché de l’art contemporain en se tenant dans une galerie – évolue elle-même à la confluence des arts, puisque des musiques composées spécialement par François Dupé ont été élaborées pour unchœur, représentation du collectif face à l’individualité des acteurs.
La pièce a été jouée salle comble les 9, 10 et 11 juillet 2021 dans la MPAA du 14e arrondissement de Paris.
Ecrit et mis en scène par
Camille Michel
Composition des musiques
François Dupé
Chorégraphies
Louisa Marre
Avec
Battiste Costa
Adélaïde Mansart
Ulys Muniglia
Eliott Nicolas
Adrien de Poncins
Musiques interprétées par
Maxime Bavière
Noémie Carpentier
Rosie Doubremelle
François Dupé
Zoé Fourray
Lise Guibert
Marguerite Herbet
Thimothé Magis
Dante Oliveira E Costa
Yvanie Streiff
Bas les cartes
en images








ROMAIN : La voici, la voilà. Vous l’aurez remarqué, c’est une structure visuelle plus qu’un tableau. Tout est dans l’illusion d’optique. Au premier coup d’œil, on croit remarquer un cercle.
MONTLIGARD : Mais ce n’est pas si simple que cela…
ROMAIN : Oui, ce n’est pas si simple que ça en a l’air. Ce cercle vous aspire !
MONTLIGARD : Comment ?
ROMAIN : En réalité, il s’agit de la réunion d’une infinité de cercles, mis les uns sur les autres, formant un vortex. C’est la régression à l’infini. La chute.
MONTLIGARD : Chute de l’artiste ou de son art ?
ROMAIN : Les deux ! L’artiste descend dans les abysses du monde afin de puiser ce qu’il y a de plus puissant pour son art. Victor Hugo disait que « les fleurs naissent de la boue ».
MONTLIGARD : Ah oui. Evidemment. J’ai tout de suite remarqué quelque chose de très hugolien chez Derasto. « Toutes les joies sont attachées à leur destinée avec un clou de cercueil », n’est-ce pas ?
ROMAIN : Absolument. (tout bas, comme pour lui faire une confidence) Pour un féru de littérature comme vous, je n’hésiterais pas.
MONTLIGARD : Et il vaut beaucoup de points ?
ROMAIN : Il égale les meilleurs atouts. C’est un investissement prometteur.
MONTLIGARD : Très bien.